Le prix Nicolas Abraham et Maria Torok

L’association AENAMT décerne tous les 2 ans, le Prix Nicolas Abraham et Maria Torok, pour un ouvrage paru au cours des deux années précédant l’année de son attribution. Cet ouvrage doit pouvoir promouvoir ou développer la pensée et l’œuvre de N. Abraham et M. Torok.

L’attribution de l’année concerne un ouvrage paru au cours des deux années précédentes.

Démarches

Pour concourir au prix Nicolas Abraham et Maria Torok, les candidats devront adresser une lettre de candidature ou un mail à la présidente, pour proposer leur ouvrage :

Association Européenne Nicolas Abraham et Maria Torok

  1. Darchis, 10 Villa Mimosa, 92270, Bois Colombes

darchiselisabeth@orange.fr

Après constitution du jury, le candidat sera averti et devra adresser un exemplaire à chaque membre du jury (entre 5 et 6) avant le 31 décembre de l’année précédent l’attribution du prix, le cachet de la poste faisant foi.

 

TOUS LES PRIX  

Prix Nicolas Abraham et Maria Torok 2023

Caroline BREHAT a concouru pour le prix AT avec l’ouvrage « Les Mal aimées, l’inceste, un piège transgénérationnel » (éd. ART). Cet ouvrage n’a pas été retenu par le jury pour recevoir le prix Nicolas Abraham et Maria Torok, ne promouvant pas suffisamment la pensée et l’œuvre des auteurs.

Mais le jury s’est accordé à décerner à Madame C. Bréhat, une mention d’encouragement

 

Prix Nicolas Abraham et Maria Torok 2022

Report en 2023

 

Prix Nicolas Abraham et Maria Torok 2020

En 2020, le prix a été décerné à Claude Guy pour son ouvrage
Les vivants et leurs fantômes, de la hantise au symptôme paru en octobre 2019 aux éditions Imago.

 

 

 

 

Prix Nicolas Abraham et Maria Torok 2018

En 2018, le prix a été attribué à Michel Fruitet pour son ouvrage :

Le dessin de l’enfant en psychothérapie (champ social, 2017)

et à Danièle Dravet Baur pour son ouvrage : Le mystère K. Momille, une biographie repensée de Camille Claudel (L’art-dit, 2018).

 

 

 

Prix Nicolas Abraham et Maria Torok 2014

En 2014, le prix n’a pas pu être attribué. Le jury réuni le 6 juin 2014, a jugé en sa majorité, que les ouvrages proposés au prix, ne pouvaient pas suffisamment, malgré leurs grandes qualités, promouvoir et développer la pensée et l’œuvre psychanalytique de Nicolas Abraham et Maria Torok.

 

Prix Nicolas Abraham et Maria Torok 2012

En 2012, le Prix Nicolas Abraham et Maria Torok, a été attribué à Saverio Tomasella pour son livre

La traversée des tempêtes. Renaître après un traumatisme, paru en 2011 aux éditions Eyrolles.

(Cf. résumé du livre ci-dessous par Claude Nachin)

 

 

 

Prix Nicolas Abraham et Maria Torok 2008

En 2008, le Prix n’a pas pu être attribué. En revanche un Prix pour un travail universitaire, a été attribué à Frédéric Tordo pour ses recherches sur la boulimie dans ses rapports avec le travail psychique du deuil.

 

Prix Nicolas Abraham et Maria Torok 2006

En 2006, le Prix a été attribué à Maurice Corcos, pour son livre :

Penser la mélancolie, une lecture de Georges Pérec, paru en 2005 édition Albin Michel.

 

 

 

 

Résumé du livre prix 2012 par Claude Nachin.

TOMASELLA S. (2011), La traversée des tempêtes. Renaître après un traumatisme, Editions Eyrolles

Le livre de Saverio Tomasella a obtenu le prix Nicolas Abraham et Maria Torok en 2012 et l’auteur m’avait demandé une préface en 2011. La question du Trauma ayant été beaucoup réétudiée au cours des deux dernières décennies, sa reprise dans une édition destinée au grand public cultivé n’était pas évidente.

Un premier chapitre sur les manifestations aigues du traumatisme s’appuie sur Ferenczi, sur les travaux des psychiatres militaires (Crocq, Barrois), de F. Davoine et J.M. Gaudillière, sur des observations éclairantes et sur des cas de la littérature, en particulier de Stefan Zweig.

Le deuxième chapitre étudie les manifestations durables du traumatisme : déferlement émotionnel sans cause apparente ; angoisse et visions d’épouvante ; dissociation entre les émotions et la pensée ; état d’alerte permanent ; anticipation du pire ; culpabilité inventée pour reprendre une maîtrise imaginaire sur la catastrophe subie ; inhibitions portant sur les sensations, les émotions ou (et) la capacité de penser ; des appels au secours qui s’ignorent surviennent dans les cauchemars ; amplification de la réalité commune et revendications excessives ; honte reconnue, cachée, remplacée par une conduite éhontée ; dépression ; voies détournées de l’indicible que sont la conversion hystérique mais aussi des maladies dites psychosomatiques ; enfin deux modalités de renversement de situation, contre soi ou en son contraire. Cette clinique détaillée prend en particulier appui sur le livre de Mauvignier à propos des militaires appelés en Algérie, sur le livre d’Appelfeld concernant la Shoah et sur les travaux sur la honte, en particulier ceux de S. Tisseron.

Le troisième chapitre aborde le verrouillage de l’âme après un Trauma majeur. L’intériorité est dévastée. Tomasella reprend la description initiale qu’en a faite Ferenczi et sa prolongation par M. Balint. Après Appelfeld, il évoque Georges Pérec et son œuvre ;

Gérard de Nerval à la recherche de sa mère morte à travers des figures féminines idéalisées. Le traumatisé peut se tromper d’adresse et projeter ses préoccupations sur un proche qui n’y peut mais. Hitchcock a montré dans plusieurs de ses films comment des traumatisés peuvent être hantés par des réminiscences inconscientes. Le clivage du Moi et le déni de la réalité traumatique peuvent parfois permettre des réussites intellectuelles et sociales dont le sujet ne profite qu’à moitié à cause d’un déficit affectif. L’expérience traumatique et ses effets font l’objet d’une description soigneuse se terminant par l’évocation des traumatismes cumulatifs, par l’accent mis sur l’importance du contexte, l’importance du regard et le « meurtre d’âme ».

Le quatrième chapitre traite de l’effraction de l’être et de la violence d’un deuil ou d’une séparation brutale. Les cas évoqués montrent l’importance des relations antérieures de l’endeuillé avec « son mort ».

Le chapitre cinq, traite d’un héritage bien caché, la violence du secret. ST. évoque Jane Eyre, roman dont le héros cache sa femme folle dans son château mais ne peut épouser la jeune femme qu’il aime : Jane se trouve parasitée par le secret de son aimé. Une crypte liée à un secret honteux chez un proche entraine un effet fantôme chez son descendant. Cryptes et Fantômes sont éclairés à travers l’exemple de romans et de films.

Le chapitre 6 propose d’identifier les marques du Trauma. S’agissant de se dégager d’une expérience traumatique, toujours singulière, ST. reprend à Davoine et Gaudillière le précepte de ne pas poser de diagnostic. Un cas illustre le chemin entre une incorporation repérée par le fait que le sujet a par moments des conduites incongrues par rapport à sa présentation habituelle, l’identification de la personne incorporée en lui, le dégagement progressif des propres désirs du sujet par rapport à des conduites qui étaient celles de la personne incorporée.

Au moment d’un Trauma subi par un enfant sous le pouvoir d’un adulte abusif, il y a identification à l’agresseur décrite par Ferenczi, que ST. a complétée par la notion d’identification à l’agression. A l’extrême, la victime peut devenir imitatrice du violenteur. Le chemin pour se dégager de tels schémas suppose des mouvements d’identification et de désidentification souples, à la différence des identifications rigides au violenteur ou à la situation traumatique. Peu à peu, le sujet réalise l’intériorisation de ses expériences de vie, il les fait siennes symboliquement, enrichit son for intérieur, c’est l’introjection au sens d’Abraham et Torok, où les sensations, les émotions et les sentiments, les images et les mots se trouvent reliés.

Le septième chapitre, « plonger en eaux profondes » traite de la cure. Le traumatisé a besoin de la bienveillance du thérapeute pour que la situation thérapeutique ne répète pas le Trauma et l’incompréhension de l’entourage d’alors. Le Trauma revient d’abord dans le silence de la séance. Les premiers éléments qui reviennent sont affectés d’un doute pour le patient. Souvent une ouverture vers la mémoire inconsciente se fait par un rêve. Le chemin du traumatisé vers l’association libre peut être favorisé par un temps de relaxation dans la séance (Schultz, Vittoz ou sophrologie). Le patient est invité à exprimer non seulement ses pensées mais ses sentiments, ses émotions et ses sensations corporelles. Il est nécessaire qu’il retraverse son drame, accompagné par le psychanalyste, en réalisant qu’il a, dans le présent, d’autres moyens de défense que lors de la catastrophe passée. L’élaboration psychique se fait à travers la dynamique sensation-image-parole. L’auteur insiste sur l’importance de la pensée par images travaillée par S. Tisseron sur le chemin de la symbolisation. L’imagination et la poésie, la création de métaphores, facilitent à « l’enfant dans le patient » la traversée qui lui permet de se retrouver entier avec ses sensations, ses émotions, ses sentiments et ses idées propres. Une observation finale montre le joint entre un Trauma personnel et l’influence fantomatique trans-générationnelle de Traumas familiaux.

La conclusion souligne qu’aimer et créer, y compris dans le travail coopératif de la psychanalyse, peuvent permettre la renaissance après un Trauma.

Claude Nachin, psychanalyste, 6 octobre 2012.

 

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